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Je ne râlerai pas encore sur la dénaturation du héros par l'éditeur
ces dernières années. D'ailleurs apparemment les nouveaux albums
n'ont pas marché, puisque rien d'autre n'est sorti en terme d'album
officiel. Le gâchis s'est arrêté au 47. Petite parenthèse, pour
Astérix la pilule semble être bien mieux passée : l'atmosphère a été
plus ou moins préservée. Pas chez nous ! Bref, je voudrai faire ici
un petit manifeste sans prétention.
Chers
commerciaux et scénaristes, surfer sur une réputation est tout ce
qu'il y a de plus humain et logique économiquement. Faire vivre son
éditeur et s'occuper quotidiennement en nouant des partenariats à
droite à gauche se comprend. Seulement jamais ces choses ne doivent
devenir des priorités en elles-mêmes. La priorité est de préserver
le sens profond du service qu'on rend. C'est ça le but de tout
travail. Le but de Google est d'offrir un accès direct à toute la
richesse du web, celui de Veolia de nous fournir chaque jour en eau
ou en énergie, celui d'Orange de permettre aux gens de
communiquer... La liste est longue. Tout travail se fait pour les
autres.
Alors
s'il vous plaît n'oubliez plus que le service rendu par Achille
Talon, c'est à chaque vignette un grand bol de langue française
saupoudré de naïveté et remué à la joie de vivre ! Et Greg a su
faire marcher la recette à merveille. Sans ça, même les graphismes
les plus modernes du monde ne suffiront à nous faire aimer un gros
bonhomme au nez protubérant juché sur un vélo du Tour de France. Ne
cherchez plus, contentez-vous de trouver pourquoi vous aimez le
véritable Achille Talon avant d'essayer de le ré-acclimater au 21e
siècle !
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